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Accidents du travail : Quel rôle pour les organismes de formation ?

Création de l’Équipe d’analyse des accidents du travail (EAAT)
26 janvier 2026 par
PEPCI Formation, Laura

La prévention des accidents du travail graves et mortels fait l’objet d’une attention renforcée de la part des pouvoirs publics.

Les chiffres rappelés récemment sont significatifs : 810 salariés sont décédés en 2023 à la suite d’un accident du travail, principalement dans des secteurs à forte exposition aux risques, tels que le BTP, les transports ou le travail temporaire.

Face à ce constat, l’État a engagé ou renforcé un ensemble de mesures visant à mieux analyser, prévenir et sanctionner les situations à l’origine de ces accidents.

La création de l’EAAT : une nouvelle étape dans l’analyse des accidents graves et mortels

Parmi les évolutions récentes, figure notamment la création de l’Équipe d’analyse des accidents du travail (EAAT), rattachée à la Direction générale du travail.

Cette équipe, composée de préventeurs et d’agents de contrôle, a pour mission :

  • d’analyser les accidents graves et mortels récurrents,

  • d’en identifier les causes,

  • de proposer des évolutions réglementaires,

  • et de diffuser des mesures de prévention adaptées.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté de renforcer l’approche qualitative et transversale des accidents du travail, en complément des données statistiques produites par la CNAM et la CCMSA, et des enquêtes menées par l’inspection du travail.

Une action publique structurée et multiforme

La création de l’EAAT s’inscrit dans un cadre plus large, comprenant notamment :

  • le Plan pour la prévention des accidents du travail graves et mortels (PATGM),

  • le 4ᵉ Plan santé au travail (PST4) et la préparation du PST5,

  • des campagnes nationales de sensibilisation,

  • le renforcement des contrôles de l’inspection du travail,

  • une coopération accrue avec l’autorité judiciaire à la suite d’accidents graves ou mortels,

  • des actions ciblées vers les publics les plus exposés (jeunes, travailleurs précaires, détachés ou saisonniers).

L’ensemble de ces dispositifs traduit une mobilisation réelle et progressive de l’État sur ce sujet.

La formation, un levier identifié dans les politiques de prévention

Dans ce cadre, la formation apparaît bien comme un outil de prévention, notamment à travers :

  • les actions menées dans les établissements d’enseignement professionnel,

  • les partenariats avec des organismes spécialisés en prévention, tels que l’INRS ou l’OPPBTP,

  • les campagnes de sensibilisation à destination de publics spécifiques.

Ces actions montrent que la transmission d’une culture de prévention en amont de l’activité professionnelle est prise en compte, en particulier dans les secteurs à risques.

Une place des organismes de formation professionnelle encore peu explicitée

Pour autant, à la lecture des orientations et dispositifs présentés, le rôle spécifique des organismes de formation professionnelle intervenant directement auprès des entreprises et des salariés est peu formalisé en tant que tel.

La formation est bien présente dans les politiques publiques, mais l’identification précise des différents acteurs de la formation, en dehors des organismes institutionnels de prévention, reste souvent implicite. Cette observation ne traduit pas une absence, mais plutôt un manque de lisibilité sur les modalités d’articulation entre politiques publiques de prévention et actions de formation professionnelle.

Un enjeu particulier pour le BTP

Dans le secteur du BTP, où les risques professionnels sont élevés et bien identifiés, la formation constitue un moment structurant avant l’exposition effective aux situations de travail.

Les organismes de formation spécialisés interviennent régulièrement dans ce cadre, notamment sur des formations réglementaires ou opérationnelles liées à la sécurité. Leur action s’inscrit de fait dans la chaîne globale de prévention, même si cette contribution n’est pas toujours explicitement identifiée dans les dispositifs nationaux.

Une réflexion à poursuivre

Dans ce contexte, il peut être pertinent de poursuivre la réflexion sur :

  • la clarification du rôle des différents acteurs de la formation professionnelle,

  • leur articulation avec les dispositifs institutionnels de prévention,

  • et la lisibilité globale de la chaîne de prévention, en particulier dans les secteurs à forte sinistralité comme le BTP.

Cette approche, progressive et concertée, pourrait contribuer à renforcer la cohérence des actions menées en faveur de la prévention des accidents du travail graves et mortels.

PEPCI Formation, Laura 26 janvier 2026
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